Points saillants de l'année 2014 de l'Alliance coopérative internationale

5 décembre 2014
Alliance coopératives internationale

Cher Co-opérateur,

Comme chaque fin d’année, nous vous écrivons afin de vous remercier d’être membre de l’Alliance coopérative internationale. C’est là quelque chose que nous apprécions grandement et que nous ne considérons jamais comme acquis.

C’est pour cette raison que nous souhaitons également vous faire part des moments forts de l’année, sans attendre la parution de notre rapport annuel, qui est encore en préparation. Nous voulons que vous sachiez que vos cotisations ont été utilisées à bon escient, et que votre engagement fait réellement la différence.

Au cœur de notre action, il y a un plan à long-terme : nous savons où nous allons. Le Plan d’action pour une décennie des coopératives, que nos membres ont adopté à la fin de l’année internationale des coopératives des Nations Unies en 2012, donne une orientation à notre stratégie. Cette année, en 2014, deuxième année de mise en œuvre du Plan d’action, nous avons vu un réel dynamisme dans ce processus.

La marque coopérative mondiale, qui a été lancée il y a tout juste un an, lors de notre assemblée générale au Cap, en Afrique du Sud, est aujourd’hui utilisée par des coopératives dans plus de 80 pays. Notre objectif est de faire de cette marque l’un des symboles les plus reconnus parmi les marques éthiques internationales d’ici 2020, puisque les coopératives utilisent ce graphisme pour indiquer leur identité coopérative. Vous pouvez vous inscrire pour utiliser la marque en vous rendant sur le site web : www.identity.coop, gratuit pour les membres de l’Alliance !

DotCoop, le domaine internet de premier niveau, compte désormais des utilisateurs dans plus de 90 pays, qui ont choisi de se servir d’adresses .coop afin de revendiquer leur identité coopérative en ligne. C’est également un point important de la stratégie business de l’Alliance, qui cherchait à diversifier ses sources de revenus et à diminuer sa dépendance aux cotisations. Cela répondait à la demande émise par nos membres à l’Assemblée générale de Rome en 2008.

Nous sommes conscients que notre identité ne s’arrête pas l’image. C’est pourquoi notre Comité sur les principes a mis du cœur à l’ouvrage pour élaborer les Notes d’orientation que les membres nous ont demandé de développer lors de notre réunion à Manchester en 2012.

Ces notes seront disponibles pour commentaires à l’été prochain et seront présentées lors de notre prochaine assemblée générale qui se tiendra en Turquie, du 10 au 13 novembre 2015.

Suite à notre étude sur la durabilité coopérative, nous avons pu mettre sur pieds un groupe consultatif sur la durabilité, qui se compose de représentants de coopératives que l’étude a identifié comme figures de proue dans le domaine de la durabilité. Ce groupe est pour l’instant occupé à déterminer les meilleures pratiques et les outils à partager avec les autres coopératives. De plus amples informations sont à venir.

Notre Moniteur coopératif mondial, que nous publions en partenariat avec Eurisce (l’Institut de recherche européen sur les entreprises coopératives et sociales) est devenu une référence en termes de statistiques coopératives. Il reprend en effet une base de données de plus de 2000 coopératives à travers le monde, ce qui nous permet de visualiser la croissance par secteur. L’édition 2014 est sortie lors du 2e Sommet des coopératives qui s’est tenu à Québec, au Canada, en octobre, et co-organisé par le groupe Desjardins. Dans ce numéro, on peut voir que les 300 plus grandes coopératives du monde sont, une fois de plus, en croissance, totalisant un chiffre d’affaire qui dépasse les 2 200 milliards USD (soit 2,2 trillions). Ces chiffres nous offrent une crédibilité irréfutable au moment même où nous délivrons notre message sur l’impact coopératif humaniste à tous les niveaux aux décideurs du monde.

Également publié lors du Sommet : un rapport inédit sur l’emploi préparé par la CICOPA, notre secteur mondial pour les coopératives issues de l’industrie et des services (travailleur). Ce document exceptionnel nous a offert un rappel bien nécessaire du nombre de personnes employées dans les coopératives. Depuis des années, nous avons utilisé l’estimation grossière de 100 millions de personnes. Le rapport de la CICOPA démontre qu’en réalité, 250 millions de personnes vivent grâce à une coopérative, que ce soit en tant qu’employé, que travailleur-propriétaire ou que producteur.

Peut-être vous souvenez-vous que nous avions mis sur pied un Comité d’experts sur les capitaux coopératifs, présidé par Kathy Bardswick, PDG des Coopérateurs au Canada, afin d’orienter le pan « capitaux » de  notre Plan d’action. Ces dirigeants coopératifs internationaux ont identifié la nécessité d’évaluer la manière qu’ont les coopératives d’assurer leurs capitaux de croissance, comme point de départ à leurs travaux ultérieurs sur l’identification de solutions pour garantir un flux fiable de capitaux coopératifs. Les résultats préliminaires de ce travail ont également été présentés lors du sommet. Nous nous sommes associés à l’Institut Filene afin de produire ceci, et nous avons pu analyser la structure des capitaux de 200 des 300 plus grandes coopératives dans le monde, et obtenir des échantillons représentatifs issus de nombre de plus petites coopératives. Ce rapport, qui sera présenté au début de l’année prochaine, est une initiative novatrice de plus, sur laquelle nous pouvons construire d’année en année.

Tous nos secteurs mondiaux sont actifs dans des initiatives d’une importance particulière pour leur secteur propre. L’un de nos nouveaux secteurs, celui des soins de santé, fait l’objet d’un intérêt exponentiel. La santé faisait partie des thèmes retenus pour notre sommet 2014, et un autre rapport important y a été dévoilé, mesurant l’importance et l’impact des soins de santé coopératifs, au travers, d’abord, des coopératives du domaine de la santé, mais également via les soins de santé fournis par les coopératives dans les différents secteurs. Le secteur de la pêche, l’ICFO, a lancé un programme de bourses pour la pêche (Fisheries Scholarship Program), garantissant ainsi que les jeunes soient instruits sur le modèle coopératif. Un jeune Népalais, et une jeune Indonésienne en ont été les deux premiers bénéficiaires. Ils recevront de quoi couvrir les frais liés aux cours et à l’hébergement d’un programme de master de deux ans dans une université coréenne.

Nous savons, par notre propre expérience lors de l’année internationale des Nations Unies pour les coopératives en 2012, combien ces années internationales des NU peuvent se révéler précieuses pour attirer l’attention du public. L’année 2014 des NU était consacrée à l’agriculture familiale. Grâce, avant tout, à l’ICAO, notre secteur agricole, et à notre partenariat international avec la FAO, nous avons pu inclure, une fois de plus, les coopératives à l’événement, au travers de notre travail au niveau de l’agriculture.

De toute aussi grande importance pour l’Alliance, on retrouve le travail du Conseil des normes comptables internationales. Notre groupe de travail sur les NCI est aujourd’hui dirigé par Monique Leroux, PDG du groupe Desjardins. Sous son impulsion, nous avons recomposé ce groupe avec des représentants issus des différents secteurs et régions, garantissant ainsi que la voix coopérative soit entendue au plus haut niveau, avant que les politiques comptables qui influent sur notre viabilité financière ne soient établies.

Dans le domaine stratégique crucial que constitue le cadre législatif, nous travaillons, comme nous le faisons depuis des décennies, avec les Nations Unies, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation internationale du travail (OIT), en particulier par le biais de comités conjoints tels le COPAC (Comité pour la promotion et l’avancement des coopératives). Lors de l’élaboration du Plan d’action, nous nous sommes néanmoins projetés en 2030 et avons prédit que d’autres plates-formes exerceraient une influence de plus en plus forte sur les politiques mondiales.

Chef de file parmi ces dernières : le G20, le forum international pour les gouvernements et les gouverneurs de banques centrales des plus grandes économies du monde. Nous avons mis sur pied une stratégie délibérée pour influer sur ces dirigeants. Nous fûmes ravis  lorsqu’Andrew Crane, PDG de CBH (Co-operative Bulk Handling), la plus grande coopérative australienne, fut invité à participer au B20, le groupe consultatif d’affaires du G20. Il s’agissait là de la première fois que les coopératives étaient invitées à la une table aussi importante. Grâce à cette participation, le secteur mutuel  a été mentionné dans les documents finaux en tant que contributeur clé à l’infrastructure internationale. L’ICMIF, notre secteur des assurances, a rejoint les représentants de l’Alliance à la réunion du B20 en juillet dernier et a pu renforcer notre message quant à l’échelle de l’impact coopératif en précisant que les coopératives et les mutuelles représentent aujourd’hui près de 27% du marché mondial des assurances. Avec l’aide, d ‘abord de nos membres turcs, et le soutien de nos membres des pays du G20, nous travaillons à présent à réitérer cette influence lors de la réunion du G20 qui se tiendra en Turquie en 2015.

Au cas où ce ne serait pas évident, permettez-nous d’affirmer ici que ce travail ne résulte pas uniquement des efforts du personnel de l’Alliance et du Conseil d’administration. Tout comme le Plan d’action n’est pas uniquement la stratégie de l’Alliance. Il constitue le plan d’action pour le mouvement coopératif dans son ensemble. Nous sommes impatients de voir ses cinq thèmes (participation, durabilité, identité, cadre légal et capitaux) repris dans

différents documents et plans à travers le monde. L’Alliance constitue le forum crucial à travers lequel des stratégies comme celles-ci peuvent être adoptée par des secteurs, des régions, et des cultures disparates, mais la magie du modèle coopératif est que nous coopérons, que nous travaillons ensemble, comme dans aucun autre modèle d’entreprise. Notre impact potentiel s’en trouve magnifié.

Une grande partie du travail du Plan d’action a été possible grâce à notre Cercle dirigeant, un groupe composé de dix organisations coopératives qui offrent un leadership éclairé, et, c’est important, un financement, afin que nous puissions mettre en place des initiatives que nos cotisations seules ne pourraient nous permettre.

Nous souhaitons aussi recevoir des commentaires des coopératives primaires, quelle que soit leur taille, afin de garantir la pertinence de notre travail à toutes les coopératives. Notre modèle participatif s’étend également via la table ronde coopérative. À terme, la table ronde comprendra 100 organisations coopératives qui nous aideront à prioriser les renseignements nécessaires à notre bon fonctionnement, et à établir les stratégies qui auront l’impact le plus grand sur le terrain. Pour l’instant, nous commençons par les dix premières organisations, et accueillons volontiers les demandes des autres organisations.

Vous aurez des nouvelles des dirigeants régionaux, mais laissez-nous vous dire ici à quel point nous sommes fiers du travail de chacune de nos régions. Nous sommes particulièrement enthousiastes à la vue des efforts fournis en Afrique, où les membres ont adopté un Plan pour l’Afrique, soutenu par les ministres pour les coopératives dans les pays où nous comptons des membres. Les efforts se poursuivent par un engagement de financement, via le Fond de développement visant à garantir les fonds nécessaires pour mener à bien les objectifs ambitieux du Plan et garantir que la croissance que connaît le continent rebondisse au bénéfice de ses communautés et de ses citoyens.

L’année 2014 a été une année au cours de laquelle nos quatre régions ont tenus des assemblées propres. Nous avons été témoins de la réalité des avancées de l’Afrique ; nous avons ressenti l’énergie de la région Amériques ; l’incroyable travail de plaidoyer de la région Europe ; et la croissance et le dynamisme de la région Asie-Pacifique, où un nouveau directeur régional a pris ses fonctions, Balasubramanian (‘Balu’) Iyer.

Si vous avez assisté au Sommet de Québec, vous savez que nous y avons tenu une réunion des membres, qui doit se tenir chaque année comme le requiert la législation belge, afin d’accepter l’audit. Nous gardons nos sujets de discussion principaux pour nos assemblées générales biannuelles (la prochaine aura lieu à Antalya, en Turquie, en novembre 2015), mais à Québec, nous avons également pourvu le poste vacant du Conseil d’administration, puisque nos membres y ont élu un jeune dirigeant dynamique issu de l’IFFCO en Inde M. Aditya Yadav.

En conclusion, laissez-nous insister sur le fait que c’est vous, les membres, qui donnez vie à l’Alliance. Notre crédibilité repose sur l’engagement des mouvements coopératifs de tous les pays. Nous avons le plaisir d’accueillir deux nouveaux pays au sein de l’Alliance en 2014 : la Guinée et la Palestine.

Dans les prochains jours, vous recevrez une facture pour les cotisations de 2015. Nous espérons pouvoir compter sur vous pour renouveler votre adhésion. Le seul et unique but de l’Alliance est de servir ses membres et leurs intérêts. Pour atteindre ce but au mieux, nous avons besoin de votre engagement actif. Nous espérons que vous nous ferez part de toute suggestion permettant d’améliorer notre impact.

Cordialement,

Pauline Green
Présidente

Charles Gould
Directeur général