Relations gouvernementales
Dans le cadre de son mandat principal, CMC mène des activités de représentation auprès du gouvernement fédéral et suit de près ses actions, ses politiques, ses lois, ses programmes et sa réglementation qui ont une incidence directe sur la création, la croissance et la résilience des coopératives et des mutuelles au pays. Une relation de travail solide avec le gouvernement fédéral contribue à créer un environnement plus favorable et à protéger des programmes et des mesures incitatives propres au secteur, ce qui a des retombées positives sur les économies locales et les communautés.
Lorsqu’elles répondent aux critères, les entreprises coopératives canadiennes devraient pouvoir accéder aux programmes d’infrastructure d’affaires du gouvernement du Canada, aux sources de financement, ainsi qu’aux programmes liés à des secteurs précis et à l’économie sociale.
Si vous avez éprouvé des difficultés à accéder à ces programmes ou à ces sources de financement, si vous souhaitez obtenir plus d’information ou formuler des suggestions, veuillez communiquer avec Nancy Wanye, gestionnaire, Affaires externes, à l’adresse nwanye@canada.coop. Si vous êtes dans l’impossibilité d’accéder à un programme en raison de votre statut d’entreprise légalement constituée en coopérative, il vous sera demandé l’autorisation de transmettre certains détails afin d’aider à résoudre la situation.
CMC a créé des outils et des ressources gratuits pour soutenir les coopératives canadiennes dans leurs activités de représentation. Bien que ces ressources portent principalement sur le contexte fédéral, l’information qu’elles contiennent peut également s’appliquer aux activités provinciales, territoriales et municipales.
Veuillez noter que, conformément à des ententes de longue date avec les membres et d’autres acteurs du secteur, CMC soutiendra les discussions, sans en assurer la direction, en ce qui concerne les assurances, les services financiers et l’habitation. Veuillez consulter le bas de cette page pour obtenir les coordonnées pertinentes.
Les principales priorités de représentation de CMC sont :
Priorité 1: Créer un fonds d’investissement coopératif
CMC recommande une capitalisation fédérale initiale de 100 millions de dollars sur cinq ans afin de lancer un fonds national conçu sur mesure visant à fournir du capital remboursable pour soutenir la croissance des coopératives.
- Accroître la propriété collective : Le fonds offrira le capital patient nécessaire pour démarrer et développer des coopératives, reconnues comme étant plus innovantes que les PME traditionnelles. Les données indiquent que 39 % des coopératives sont considérées comme innovantes, comparativement à 28 % des PME traditionnelles, et qu’elles sont plus susceptibles d’adopter des technologies avancées (17,4 % contre 13,7 %), ce qui en fait des moteurs importants d’une économie innovante.6
- Soutenir les conversions d’entreprises : Ce fonds facilitera la conversion d’entreprises en coopératives en fournissant le financement essentiel permettant aux employé·es d’en faire l’acquisition auprès de propriétaires prenant leur retraite. Cette approche s’appuie sur les conclusions du rapport Business Conversion to Co-operatives in Canada: A Landscape Report (2024), dirigé par le Dr Marcelo Vieta, qui a analysé plus de 400 conversions réussies et démontre que les reprises d’entreprises en mode coopératif constituent une voie solide, mais encore sous-utilisée, pour assurer la continuité des entreprises tout en préservant la capacité productive des communautés locales.
- Mobiliser le capital : L’investissement fédéral agirait comme une mise de départ (« effet levier »), réduisant le risque du fonds et permettant d’attirer un financement additionnel selon un ratio de 2 pour 1 provenant du secteur privé et des communautés.
Priorité 3 : Assurer une mise en œuvre solide de l’allègement fiscal sur les gains en capital
CMC et la Fédération canadienne des coopératives de travail (FCCT) saluent l’inscription permanente dans la législation de l’exonération d’impôt sur les gains en capital pouvant atteindre 10 millions de dollars pour les ventes à des coopératives de travail et à des fiducies de propriété des employé·es (FPE).
Encadrement technique : L’attention se porte maintenant sur la mise en œuvre technique. CMC travaillera en étroite collaboration avec les responsables du ministère des Finances afin de s’assurer que la rédaction législative finale dans la Loi de l’impôt sur le revenu demeure robuste et que les « conversions admissibles en coopératives » soient pleinement protégées.
Priorité 5 : Faire progresser l’approvisionnement social et la stratégie « Acheter canadien »
CMC recommande d’intégrer les coopératives et les autres entreprises d’économie sociale au cadre de la Politique d’achat canadien, doté d’un budget de 186 millions de dollars.
- Établir des cibles obligatoires de valeur sociale : Bonifier le cadre actuel en mettant en place un statut de « fournisseur privilégié » ou des cibles obligatoires pour les coopératives et les entreprises d’économie sociale, à l’image de l’exigence réussie de 5 % en approvisionnement autochtone.
- Indicateurs d’évaluation : Intégrer officiellement des critères comme la « propriété collective » et la « réinjection locale des profits » dans les évaluations des contrats fédéraux, au sein du critère de 25 % lié à la « valeur canadienne ».
- Optimiser le Programme d’approvisionnement auprès des petites entreprises : Orienter un volet dédié du programme, désormais doté de 79,9 millions de dollars, vers un soutien technique afin d’aider les coopératives et les autres entreprises d’économie sociale à maintenir leur présence dans les chaînes d’approvisionnement fédérales.
Priorité 2 : Élargir l’accès à la déduction accordée aux petites entreprises (DAPE)
CMC recommande une modification ciblée de l’article 125 de la Loi de l’impôt sur le revenu afin d’harmoniser le traitement fiscal dans l’ensemble des secteurs coopératifs.
- Éliminer les désincitatifs : Les règles actuelles pénalisent involontairement les sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC) qui adhèrent à des coopératives, en classant leurs revenus comme des « revenus de société déterminés », ce qui crée un désavantage fiscal direct par rapport aux PME traditionnelles. Le rétablissement de l’accès à la DAPE permettra de s’assurer que les personnes entrepreneures ne soient pas pénalisées par un taux d’imposition plus élevé simplement en raison du choix d’une structure coopérative.
- Libérer du capital : Le rétablissement de la DAPE permettra aux membres de coopératives de bénéficier d’un taux d’imposition combiné fédéral et provincial d’environ 9 % à 13 %, plutôt que du taux général de 27 % qu’ils doivent actuellement payer sur les revenus générés par l’entremise de la coopérative.7 Cette correction éliminera une pénalité fiscale involontaire de 14 % à 18 % et permettra de libérer des capitaux que les membres pourront réinvestir directement dans l’équipement, les technologies, la création d’emplois locaux et davantage.
- Validation professionnelle : Cette recommandation s’inscrit dans la continuité des recommandations formulées de longue date par le Comité mixte sur la fiscalité de l’Association du Barreau canadien et de CPA Canada visant à corriger des distorsions techniques qui pénalisent les modèles d’entreprise à propriété collective.8 Cela indique que la modification proposée constitue essentiellement un « ajustement » nécessaire de la Loi de l’impôt sur le revenu afin de garantir son application équitable pour l’ensemble des petites entreprises.
Priorité 4 : Renforcer le logement coopératif
CMC et la FHCC demandent au gouvernement de faire du logement coopératif une priorité dans le cadre opérationnel de Maisons Canada (MC) et de transformer l’Initiative fédérale de logement communautaire (IFLC) ainsi que l’Initiative canadienne de logement communautaire en programmes permanents visant à sécuriser les logements abordables existants.
- Stimuler la productivité nationale : Les recherches indiquent qu’en augmentant la part de logements hors marché au Canada afin de l’aligner sur les repères internationaux, soit une moyenne de 7 % du parc total selon l’OCDE, le PIB du Canada pourrait augmenter de 67 à 136 milliards de dollars d’ici 2030.9
- Protéger les investissements : La prolongation de l’IFLC constitue une mesure essentielle. Elle permettra d’éviter un gain net nul, où les avantages des nouvelles constructions réalisées dans le cadre de BLC seraient annulés par la perte de logements existants très abordables, protégeant ainsi des milliards de dollars d’investissements fédéraux antérieurs.
- Accroître l’efficacité à l’échelle : À mesure que BLC évolue vers son rôle d’organisme distinct en tant que société d’État, les coopératives offrent une structure de gouvernance éprouvée et axée sur la mission, capable d’agir comme partenaire opérationnel du gouvernement fédéral pour des projets d’envergure en logement abordable et communautaire. Ce partenariat garantira que ces nouveaux projets demeurent des actifs collectifs appartenant aux communautés, plutôt que de devenir des biens spéculatifs.
Priorité 6 : Mettre en place une infrastructure nationale de données sur les coopératives
CMC demande un investissement fédéral afin d’établir un pôle de connaissances et d’innovation sur les coopératives visant à combler le « manque de visibilité » dans les politiques actuelles.
- Accroître l’efficacité des efforts fédéraux : La modernisation de la collecte de données sur les coopératives permettra de maximiser les retombées des investissements fédéraux en veillant à ce que les programmes soient fondés sur des données probantes et adaptés aux besoins du marché. Elle permettra également au gouvernement de repérer et d’éliminer des obstacles législatifs et réglementaires précis à la croissance, en passant de portraits statiques à une approche axée sur les données pour libérer pleinement le potentiel économique des coopératives.
- Standardiser la mesure de l’impact : L’établissement de cadres cohérents de mesure de l’impact permettra de mieux comprendre, de façon uniforme, comment les coopératives contribuent à la résilience des régions et au renforcement des chaînes d’approvisionnement nationales.
Dossiers en cours
CMC continue d’être impliquée dans des dossiers spécifiques où les conditions d’éligibilité aux programmes et aux flux de financement ne sont pas claires ou doivent être modifiées et où d’autres préoccupations sont documentées. Ces dossiers comprennent, entre autres, les suivants :
Suivi des limites de l'article 136 (2)(d) de la Loi de l'impôt sur le revenu
CMC surveille et recherche des exemples de l’impact financier négatif de l’article 136 (2)(d) sur le financement reçu d’investisseurs extérieurs, à un moment où le gouvernement encourage davantage l’investissement d’impact par le biais de sa stratégie d’innovation sociale et de finance sociale.
Rendre le Programme de part à imposition différée (PID) permanent
Programme de part à imposition différée (PID) prolongé jusqu’en 2030
« Le Budget 2025 proposait de prolonger jusqu’à la fin de 2030 la période pendant laquelle les coopératives agricoles peuvent verser à leurs membres des ristournes différées d’impôt sous forme de parts. » (p. 223)
Ce renouvellement constitue une reconnaissance importante de l’impact du programme sur la croissance et la résilience des coopératives agricoles canadiennes. Maintenant que la prolongation du PID est assurée, notre attention se tourne vers la mise en valeur de ses retombées à long terme afin de créer un élan en faveur de sa pérennisation.
Autres contacts
Pour toute question concernant les priorités de défense des intérêts de la Fédération de l’habitation coopérative du Canada (FHCC), veuillez communiquer avec :
Courtney Lockhart, directrice associée, Affaires publiques et politiques, à l’adresse : CLockhart@chfcanada.coop.
Pour toute question concernant les priorités de défense des intérêts de l’Association canadienne des compagnies d’assurances mutuelles (ACCAM), veuillez communiquer avec :
Sangita Kamblé, présidente et chef de la direction, à l’adresse : skamble@camic.ca.
Pour toute question concernant les priorités de défense des intérêts des coopératives de crédit et des caisses, veuillez communiquer avec :
Michael Hatch, vice-président, Relations gouvernementales, à l’Association canadienne des coopératives de crédit (ACCC), à l’adresse : mhatch@ccua.com, et André Brisebois, Chargé d’affaires, Affaires gouvernementales, Mouvement Desjardins à andre.a.brisebois@desjardins.com